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Le silence comme écoute intérieure - Récits dominants, récits vivants, et la possibilité d’un « pourquoi pas ? »

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Le silence comme écoute intérieure Récits dominants, récits vivants, et la possibilité d’un « pourquoi pas ? » Il existe des silences qui ne sont pas des pauses. Pas des absences. Mais des déplacements . Dans certains récits — et peut-être dans certaines périodes de nos vies — le silence ne vient pas calmer le monde. Il vient tester notre manière d’écouter . Quand le bruit s’arrête, qu’est-ce qui écoute ? Nous vivons immergés dans des récits dominants. Ils organisent le réel, donnent des cadres, produisent de la cohérence. Ils expliquent vite, interprètent tôt, concluent souvent. Mais que se passe-t-il quand, pour une raison ou une autre, le bruit baisse ? Non pas seulement le bruit sonore, mais le bruit des interprétations automatiques, des récits prêts à l’emploi, des réponses qui rassurent. Le silence, alors, ne dit rien. Il retire . Et ce retrait pose une question simple, presque inconfortable : Sommes-nous encore capables d’écouter autrement que...

Cartographier l’IA : pour une écologie des techniques au-delà du pour/contre

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  Cartographier l’IA : pour une écologie des techniques au-delà du pour/contre Si l’on pose l’intelligence artificielle comme un horizon de transformation radicale de nos sociétés, on risque deux écueils classiques : ✧ en faire un totem aux pouvoirs libérateurs — utopie technique ; ✧ ou en faire un démon totalisant — technophobie radicale . Les débats actuels — à gauche, mais aussi dans la société entière — tournent en rond parce qu’on parle trop souvent d’“ IA ” comme d’un bloc unique, d’une essence ou d’un destin. Or, l’IA n’est pas une substance : c’est une constellation d’infrastructures, de régimes de décision, de pratiques sociales, et de rapports de pouvoirs . Ce que nous appelons IA est un ensemble de milieux techniques — chacun à effets, intensités, temporalités et desiderata politiques différents. Ce que propose ce blog, inspiré de cartographies comme celle développée dans l’ Atlas des Récits Vivants , c’est une cartographie opératoire des technolog...

Scènes de seuil

Scènes de seuil Ce texte n’explique rien. Il rassemble des scènes. Tu peux t’arrêter quand tu veux.   Première scène de seuil Il n’y a pas eu de rupture nette. Pas de phrase décisive. Pas d’événement fondateur. Seulement ce moment précis où les mots habituels ont cessé de fonctionner. Ils étaient pourtant là, à portée de bouche. Bien rangés. Disponibles. Mais quand il a fallu les prononcer, ils sont restés sans poids. Ce n’était pas du doute. C’était autre chose. Une fatigue plus calme. Comme si expliquer devenait une forme de bruit. Alors il s’est tu. Pas par sagesse. Par nécessité. Dans ce silence, rien n’est apparu. Aucune réponse. Aucune image forte. Seulement la sensation d’un sol qui ne demandait plus à être interprété. Il n’a pas cherché à comprendre ce que cela signifiait. Il a simplement cessé d’ajouter. Quelque chose, là, respirait mieux. Ce n’était pas une paix. Plutôt un arrêt juste. Comme lorsqu’on repose un objet trop longtemps ...

La caverne et le dehors - Récits dominants, récits vivants — relire Platon aujourd’hui

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La caverne et le dehors Récits dominants, récits vivants — relire Platon aujourd’hui Il existe des récits qui tiennent le monde en place. Et d’autres qui permettent d’y respirer. Depuis quelque temps, une intuition s’impose à moi : la distinction entre récits dominants et récits vivants entre en résonance profonde avec un mythe ancien — celui de la caverne, formulé par Platon . Non comme une simple métaphore illustrative, mais comme une cartographie des milieux narratifs que nous habitons. La caverne n’est pas un mensonge Dans le mythe, les prisonniers de la caverne ne sont ni naïfs ni trompés volontairement. Ils vivent dans un monde cohérent , structuré, partagé. Les ombres qu’ils perçoivent : ont une logique, offrent une stabilité, permettent une compréhension commune. La caverne n’est pas l’erreur. C’est un milieu de sens fermé , mais fonctionnel. C’est précisément ainsi que fonctionnent les récits dominants . Les récits dominants : des habitats...

Récits qui apaisent, récits qui tiennent

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Récits qui apaisent, récits qui tiennent Il existe des récits qui font du bien. Et il existe des récits qui permettent de rester. Les deux ne s’opposent pas. Mais ils ne jouent pas le même rôle, surtout dans le monde qui se durcit sous nos yeux. Quand les récits apaisent Les récits qui apaisent répondent à un besoin fondamental : ne pas être submergé . Ils apparaissent lorsque : la violence devient trop présente, le chaos envahit l’espace psychique, le monde semble perdre toute cohérence. Ils cherchent alors à réduire l’angoisse , à redonner du sens , à réparer intérieurement ce que l’extérieur abîme. Souvent, ces récits expliquent la violence : par l’ignorance, par la blessure, par l’oubli, par une perte de conscience. Ils affirment qu’au fond, quelque chose de bon demeure intact, qu’il suffirait de s’en souvenir, et qu’en attendant, il faut se protéger. Ces récits ont une fonction réelle . Ils consolent. Ils calment. Ils permettent de conti...

Peut-on évaluer une œuvre qui ne cherche pas à convaincre ?

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Peut-on évaluer une œuvre qui ne cherche pas à convaincre ? Il existe des œuvres qui demandent à être expliquées. D’autres demandent simplement à être regardées sans précipitation. Depuis plusieurs années, je développe un travail d’auteur situé au seuil : entre fiction et essai, entre écriture et dispositifs, entre lucidité et sensibilité. Ce travail est souvent qualifié de symbolique , poétique , ou de transformation . Une question revient pourtant, de manière récurrente — parfois de l’extérieur, parfois de l’intérieur : Comment évaluer une œuvre qui ne cherche pas à convaincre ? Comment la soumettre à un regard rigoureux, sans la réduire à une grille qui l’assèche — ni la soustraire à toute exigence au nom du sensible ? Le malentendu autour de l’évaluation Dans l’imaginaire courant, évaluer signifie : mesurer, comparer, classer, noter. Cette conception fonctionne relativement bien pour des objets standardisés, reproductibles, ou explicitement orientés ve...

Les récits dominants et les récits vivants

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Les récits dominants et les récits vivants Une lecture fondatrice Il existe une idée tenace : pour se libérer d’un pouvoir, il faudrait d’abord détruire ses récits. Briser les mythes. Démystifier. Désenchanter. Pourtant, l’un des textes les plus radicaux jamais écrits sur la domination politique ne dit pas cela. Dès la Renaissance, Étienne de La Boétie  pressent déjà que le pouvoir ne tient pas seulement par la contrainte, mais par les récits que les sociétés acceptent de faire vivre — parfois sans même s’en apercevoir. Le pouvoir comme fiction stabilisée La Boétie décrit une série d’objets et de symboles du pouvoir monarchique : fleurs de lys, ampoule sacrée, oriflamme, récits d’origine, légendes fondatrices. Il les appelle sans détour des balivernes . Mais — et c’est là toute la finesse du texte — il refuse de les démonter frontalement. Non par respect naïf pour la monarchie, mais parce qu’il comprend quelque chose d’essentiel : le pouvoir ne se mainti...

SEUIL ZÉRO — CE QUI NE SE DIT PAS TOUT DE SUITE

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SEUIL ZÉRO — CE QUI NE SE DIT PAS TOUT DE SUITE Il y a des moments où la réponse arrive trop vite. Elle se présente comme une solution, une évidence, une position claire. On la reconnaît à son assurance. Elle rassure. Elle ferme. Pourtant, quelque chose en nous n’a pas encore parlé. Ce n’est pas du doute. Ce n’est pas de l’hésitation. C’est un temps plus lent, plus dense, qui demande à être habité avant d’être formulé. Nous avons appris à confondre la clarté avec la vitesse. À croire qu’une parole juste doit être immédiate. Qu’un silence est une faiblesse. Qu’attendre, c’est céder. Mais il existe des seuils où avancer trop vite revient à se perdre. Là, ce qui est requis n’est pas une opinion supplémentaire, mais une présence plus large. Quelque chose qui accepte de ne pas trancher tant que le lieu n’est pas prêt. Ce n’est pas un refus de décider. C’est un refus de réduire. Certains espaces intérieurs ne s’ouvrent que si l’on cesse de les forcer. Ils ne répondent ni à l’urge...

Grandir sans s’ennoblir : Maturité humaine, récits lucides et refus de l’angélisme

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Grandir sans s’ennoblir Maturité humaine, récits lucides et refus de l’angélisme Nos récits collectifs oscillent depuis longtemps entre deux pôles rassurants : d’un côté, l’héroïsme qui ennoblit l’humanité ; de l’autre, le cynisme qui la réduit à ses pulsions et à ses échecs. Entre les deux, un espace reste difficile à habiter : celui d’une maturité sans glorification , d’une lucidité qui ne tourne ni à l’angélisme ni au désespoir. C’est pourtant dans cet interstice que se joue aujourd’hui une question essentielle : comment raconter l’humain sans le blanchir, sans l’idéaliser, sans le condamner non plus ? Quand les récits deviennent plus acceptables que vrais Le travail de Emily Wilson, première femme à traduire en anglais l'Odyssée, a mis en lumière un phénomène aussi discret que massif : pendant des siècles, les traductions n’ont pas seulement transmis Homère — elles l’ont corrigé moralement . Les héros ont été rendus plus nobles qu’ils ne le sont. ...

🌌 Pourquoi Au Seuil des Étoiles est un récit respirable

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🌌 Pourquoi -  Au Seuil des Étoiles  - est un récit respirable On parle beaucoup de récits puissants. De récits qui réveillent. De récits qui transforment. Mais on parle encore trop peu des récits qui laissent respirer . Au Seuil des Étoiles appartient à cette famille rare. Non parce qu’il serait plus sage ou plus profond que d’autres, mais parce qu’il refuse d’imposer ce que tant de récits cherchent à faire avaler. 🌬️ Un récit respirable, qu’est-ce que c’est ? Un récit respirable n’est pas un récit mou. Ni un récit neutre. Ni un récit vide. C’est un récit qui : ne serre pas le lecteur à la gorge, ne le pousse pas vers une conclusion obligatoire, ne transforme pas l’émotion en injonction. 👉 Il ouvre un espace intérieur au lieu de le remplir. 🌌 1. Le cosmos comme milieu, pas comme conquête Dans Au Seuil des Étoiles , l’espace n’est pas un territoire à dominer. Il n’est pas non plus un décor spectaculaire destiné à impressionner. Il est u...