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🌀 TENIR LE VRAI

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🌀 TENIR LE VRAI Probité, seuil et chute des récits « Il arrive un moment où rien ne sauve — et où pourtant quelque chose reste. » Cette spirale s’inscrit dans un cycle en cours : Les Spirales du seuil — une série de cartes pour habiter les moments où les récits ne tiennent plus. Ne pas être sauvé. Rester là. I. LA CHUTE DES RÉCITS Nous vivons à l’intérieur de récits. Ils organisent nos liens, orientent nos choix, donnent une forme au temps. Un récit n’est pas seulement une histoire : c’est une structure de sens dans laquelle nous habitons. Mais il arrive que ces récits cèdent. Ce n’est pas seulement une situation qui s’effondre, c’est la cohérence même du monde vécu. II. LE SEUIL : NI AVANT, NI APRÈS Lorsque les récits tombent, il reste un seuil. Un lieu sans nom précis : ni l’ancien monde, qui ne tient plus, ni le nouveau, q...

🌿 NOUS NE SOMMES PAS AU CENTRE

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🌿 NOUS NE SOMMES PAS AU CENTRE Habiter la Terre comme un récit vivant Et si le monde n’était pas là pour être compris, mais pour être habité avec justesse ? N ous avons grandi dans une évidence. Le monde est là, devant nous. Extérieur. Disponible. Silencieux. Nous sommes ceux qui regardent, nomment, transforment. Ce récit est si profondément installé qu’il ne se voit plus. Et pourtant — quelque chose craque. Crise écologique. Épuisement des milieux. Sentiment diffus que quelque chose, dans notre manière d’habiter, n’est plus juste. UN DÉPLACEMENT : DE MAÎTRE À HÔTE Dans Nous sommes les hôtes de la Terre , Philippe Descola propose un déplacement discret — mais radical : Nous ne sommes pas les propriétaires du monde. Nous en sommes les hôtes. Être hôte, ce n’est pas posséder. C’est répondre de sa présence. LE RÉCIT MODERNE : UNE SÉPARATION Dans le récit occidental moderne : l’humain est sujet la nature est objet le vivan...

Résistance narrative : Raconter autrement quand le monde se referme

Essai · Récits vivants Résistance narrative Raconter autrement quand le monde se referme Résister narrativement aujourd’hui, ce n’est pas fuir le réel. C’est empêcher que la peur, le cynisme, la marchandise ou la fatalité deviennent les seuls récits capables de le nommer. Écrire, ce n’est pas toujours parler plus fort. C’est parfois donner une forme juste à ce qui criait sans voix. Nous ne manquons pas d’informations. Nous en recevons même trop. Mais le problème n’est pas seulement ce qui arrive : le problème est aussi la manière dont ce qui arrive est raconté. I. Quand les récits dominants organisent le possible Les récits dominants ne ressemblent pas toujours à des histoires. Ils ne commencent pas forcément par “il était une fois”. Ils circulent dans les discours politiques, les publicités, les séries, les slogans, les commentaires, les ...

La carte n’est pas le territoire

Récits vivants · cartes · réel La carte n’est pas le territoire Quand les récits commencent à remplacer le réel Il y a des phrases si simples qu’elles semblent d’abord évidentes. Puis, lorsqu’on les laisse travailler, elles déplacent tout. La carte n’est pas le territoire. Cette formule, associée à Alfred Korzybski et à la sémantique générale, ne parle pas seulement de géographie. Elle ne nous dit pas seulement qu’un plan de ville n’est pas la ville, qu’un schéma n’est pas le paysage, qu’un dessin n’est pas la montagne. Elle dit quelque chose de beaucoup plus profond : nos mots ne sont pas les choses ; nos récits ne sont pas le monde ; nos représentations ne sont pas le réel lui-même. Et pourtant, nous vivons à travers elles. Nous avons besoin de cartes pour nous orienter. Nous avons besoin de mots, de catégories, d’images, de théories...

Comment créer un monde où le bien n’est plus puni d’exister ?

Comment créer un monde où le bien n’est plus puni d’exister ? Brecht, la bonté lucide et les conditions d’un monde habitable Il y a des phrases qui ne consolent pas. Elles ouvrent une fissure. « Il y a quelque chose qui cloche dans votre monde. Pourquoi la méchanceté est-elle récompensée et pourquoi ceux qui font le bien sont-ils si sévèrement punis ? » — phrase attribuée à Bertolt Brecht Elle dérange parce qu’elle touche à une expérience presque universelle : celle d’avoir vu la loyauté coûter plus cher que le calcul, la sincérité plus cher que la manipulation, la douceur plus cher que la brutalité. Beaucoup l’ont vécu, dans une famille, dans une relation, dans une entreprise, dans une institution, dans l’espace public. Celui qui ment avec assurance avance. Celui qui écrase sans trembler obtient. Celui qui manipule le récit finit parfois par passer pour la victime. Pendant ce temps, celui qui essaie de rester...

Au Seuil des Étoiles : une fiction de réhabitation du monde

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Science-fiction contemplative · Récits Vivants · Premier contact Au Seuil des Étoiles : une fiction de réhabitation du monde Premier contact, récits vivants et apprentissage de la présence Un premier contact sans invasion ni conquête : une traversée du seuil, de l’écoute et de la présence. Note de lecture : cet article ne dévoile pas l’intrigue du roman ; il propose une porte d’entrée dans son atmosphère, ses thèmes et sa démarche. Au Seuil des Étoiles ne raconte pas une conquête. Il raconte un seuil : l’instant où l’inconnu oblige l’humanité à regarder les récits qu’elle porte déjà en elle. Au Seuil des Étoiles est un roman de premier contact. Mais ce n’est pas un roman d’invasion. Il ne raconte pas la conquête de la Terre par une force venue d’ailleurs, ni l’arri...

Des Récits Vivants à l’être vivant

Écologie narrative · Bien-être · Présence Des Récits Vivants à l’être vivant Refaire du monde un lieu habitable. La dépendance commence parfois là où le monde cesse d’être habitable. Elle n’est pas seulement l’attachement à une substance, mais la recherche d’un lien quand les liens vivants ont été rompus. Guérir, alors, ce n’est pas seulement retirer l’objet de l’addiction : c’est rouvrir une cage, reconstruire un milieu, rendre possible une présence. Il y a des phrases qui ouvrent plus qu’elles ne concluent. Elles ne donnent pas une réponse définitive. Elles déplacent le regard. Elles nous obligent à regarder autrement ce que nous pensions connaître : la dépendance, la souffrance, l’isolement, le bien-être, la guérison. Et si l’addiction n’était pas seulement une faiblesse individuelle ? Et si elle n’était pas seulement une affaire d...