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Quand les livres nous transforment

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Quand les livres nous transforment : ce que la bibliothérapie révèle de notre cerveau… et de notre manière d'habiter le monde Les livres ne sont pas seulement des objets de connaissance. Ils sont parfois des compagnons de route, des refuges, des éclaireurs silencieux. Depuis longtemps, les lecteurs savent intuitivement qu'une œuvre peut changer une vie. Aujourd'hui, les neurosciences, la psychologie et la médecine commencent à comprendre pourquoi. Nous avons tous vécu cette expérience. Ouvrir un livre après une journée difficile. Lire quelques pages. Sentir peu à peu le rythme intérieur ralentir, les pensées s'organiser autrement, les tensions perdre un peu de leur emprise. Pendant longtemps, cette impression a été considérée comme une simple sensation subjective. Une belle idée, peut-être romantique, mais difficile à mesurer. Pourtant, depuis une vingtaine d'années, les recherches se multiplient. Elles montrent que la lecture agit bien sur notre ...

Les vertus ont-elles besoin de nouveaux récits ?

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Les vertus ont-elles besoin de nouveaux récits ? Relire André Comte-Sponville à l'heure des Récits Vivants Il arrive que certains livres traversent les décennies sans perdre de leur force. Non parce qu'ils apportent des réponses définitives, mais parce qu'ils continuent à poser des questions essentielles. Le Petit traité des grandes vertus d'André Comte-Sponville appartient à cette catégorie d'ouvrages. À une époque où l'on parle sans cesse de performance, d'innovation, d'intelligence artificielle ou de transition écologique, revenir à un livre consacré à la politesse, au courage, à la gratitude ou à la douceur pourrait sembler presque anachronique. Et pourtant, c'est peut-être précisément ce dont nous avons besoin. Car la question n'est pas seulement : quelles sont les vertus ? La véritable question est peut-être devenue : Qu'est-ce qui rend encore les vertus désirables aujourd'hui ? Cette interrogation déplace le r...

Les Furtifs : réapprendre à habiter le vivant

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Les Furtifs : réapprendre à habiter le vivant Quand un roman d'Alain Damasio rencontre Bruno Latour, Donna Haraway, Baptiste Morizot, Amitav Ghosh et Edgar Morin. Il existe des livres que l'on referme après avoir suivi une histoire. D'autres que l'on garde longtemps en mémoire parce qu'ils continuent à travailler notre regard. Et puis il y a ces œuvres plus rares qui déplacent silencieusement notre manière d'habiter le monde. Les Furtifs , d'Alain Damasio, appartient à cette dernière catégorie. À première vue, il s'agit d'un roman de science-fiction. Une société où les villes deviennent progressivement des espaces contrôlés, où les technologies de surveillance s'immiscent dans les gestes du quotidien, où un couple recherche sa fille disparue, attirée par d'étranges créatures appelées « les furtifs ». Mais très vite, le lecteur comprend que le véritable sujet du livre n'est pas la technologie. Ce n'est même pas...

Le Veilleur du seuil

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Le Veilleur du seuil — Certaines portes demeurent closes. Certains chemins attendent simplement que nous recommencions à marcher. Après la porte fermée Ce que Blanche comme neige nous apprend sur le courage de n'appartenir à personne. « Il faut du courage pour n'appartenir à personne. » Il existe des films qui racontent une histoire. Et puis il existe des films qui semblent raconter silencieusement quelque chose de nous-mêmes. Blanche comme neige , réalisé par Anne Fontaine, appartient à cette seconde catégorie. Sous les apparences d'une réécriture contemporaine du conte de Grimm, il propose une traversée beaucoup plus profonde : celle d'une femme qui cesse progressivement d'habiter le récit que les autres avaient écrit pour elle. En refermant le film, je n'ai pas eu le sentiment d'avoir assisté à une victoire contre une adversaire. J'ai eu l'impression d'avoir vu naître une autre manière d'habiter le monde....

Accepter le réel n'est pas renoncer au monde

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Accepter le réel n'est pas renoncer au monde Quand certaines portes demeurent closes, les chemins deviennent visibles. « Le chemin ne commence pas lorsque la porte s'ouvre. Il commence lorsque l'on cesse d'attendre qu'elle s'ouvre. » Nous avons appris à penser que vivre consistait à transformer le réel. À ouvrir les portes fermées. À convaincre ceux qui nous résistent. À réparer les relations qui se brisent. À faire advenir un monde conforme à nos attentes. Cette aspiration est profondément humaine. Elle témoigne de notre capacité d'espérer, d'imaginer, de créer. Pourtant, elle peut aussi devenir une source d'épuisement lorsqu'elle se transforme en lutte permanente contre ce qui est. Il existe des situations où aucun effort supplémentaire ne permettra d'ouvrir une porte demeurée close. Une relation familiale qui ne retrouve pas sa confiance. Un projet professionnel qui s'interrompt. Une reconnaissance a...