Récit et rapports de force
Récit et rapports de force Ce que les récits habillent, légitiment ou rendent supportable dans les asymétries du réel Les récits ne remplacent pas les rapports de force. Mais aucun rapport de force durable ne se maintient longtemps sans récit pour l’habiller, le justifier ou le rendre supportable. Lorsqu’on parle de récit, on pourrait donner l’impression que tout se joue dans les mots, les représentations, les interprétations, les cadres symboliques. Lorsqu’on parle de rapports de force, on semble au contraire entrer dans un autre monde : celui de l’intérêt, de la domination, des asymétries, de la contrainte, des appareils, des positions acquises, des possibilités concrètes d’agir ou d’empêcher d’agir. Et pourtant, ces deux dimensions ne cessent de s’entrelacer. Car un rapport de force n’est jamais seulement matériel. Il implique bien sûr des moyens, des ressources, des hiérarchies, des protections diff...