🌬️ DÉSIR, SEUIL ET FIDÉLITÉ — POURQUOI J’ÉCRIS - Récits Vivants
🌬️ DÉSIR, SEUIL ET FIDÉLITÉ — POURQUOI J’ÉCRIS
Récits Vivants
Une orientation sans injonction.
Quand quelque chose ne respire plus
Il arrive un moment où l’on ne sait plus très bien pourquoi l’on écrit.
Les mots sont là.
Les idées aussi.
Les formats fonctionnent.
Et pourtant, quelque chose se contracte.
Ce n’est pas une panne d’inspiration.
C’est plus discret que cela.
C’est le sentiment que la parole commence à s’adapter avant même d’être prononcée.
Qu’elle anticipe.
Qu’elle se justifie.
Qu’elle se rend acceptable.
À ce moment-là, écrire devient un exercice de maintien.
On tient.
On ajuste.
On ne tombe pas.
Mais on ne respire plus vraiment.
Ce que je ne cherche plus
Je ne cherche plus :
- à produire des opinions rapides,
- à occuper une place lisible,
- à participer au bruit ambiant,
- à avoir raison plus fort que d’autres.
Non par retrait.
Mais par fidélité.
Avec le temps, j’ai compris que ce qui m’importe n’est pas la position,
mais le lieu intérieur depuis lequel une parole naît.
Quand ce lieu est juste,
la parole peut être calme,
hésitante,
fragmentaire —
elle respire.
Quand il ne l’est pas,
même les meilleures idées étouffent.
Le désir comme point de départ
On parle souvent du désir comme d’un excès.
D’un caprice.
D’une pulsion à maîtriser.
Je l’entends autrement.
Le désir, pour moi,
c’est ce qui persiste
quand on cesse d’être validé.
C’est ce mouvement intérieur qui dit :
« Je ne peux pas continuer à faire semblant. »
Écrire commence là.
Pas dans l’affirmation.
Mais dans l’impossibilité de se trahir sans se perdre.
Le seuil : là où tout pourrait se refermer 🚪
Il existe, dans chaque texte,
un endroit précis.
Un endroit où l’on pourrait simplifier.
Adoucir.
Contourner.
Un endroit où l’on se dit :
« Ce n’est peut-être pas nécessaire. »
Cet endroit est un seuil.
Il ne demande pas du courage spectaculaire.
Il demande de ne pas détourner le regard.
C’est souvent là que le texte devient vivant.
Ou qu’il devient prudent.
La joie, mais pas celle qu’on croit ✨
Je ne crois pas à la joie comme objectif.
La joie comme injonction fatigue.
La joie comme posture sonne faux.
La joie que je reconnais est autre.
Elle apparaît quand une parole cesse de se défendre.
Quand elle n’essaie plus d’être utile.
Quand elle tombe juste.
Elle est calme.
Presque silencieuse.
Mais elle laisse de l’espace.
🚪 Ce qui suit n’est pas une opinion
Ce qui suit n’est pas une opinion.
Ce n’est pas un cadre à adopter.
Ce n’est pas un manifeste militant.
C’est la boussole depuis laquelle j’écris.
Je la partage non pour convaincre,
mais pour rendre visible le lieu d’où part ma parole.
🧭 MANIFESTE — BOUSSOLE DU VIVANT
Désir · Seuil · Joie · Fidélité
DÉSIR — Ce qui ne se négocie pas
Le désir n’est pas ici une envie.
Ce n’est pas une pulsion.
Ce n’est pas un slogan.
Le désir est ce qui persiste
quand il n’est pas validé,
quand il n’est pas récompensé,
quand il n’est pas applaudi.
C’est l’élan discret qui dit :
« Je ne peux pas faire semblant plus longtemps. »
Tout texte que j’écris commence là.
SEUIL — L’endroit où l’on hésite 🚪
Un seuil n’est pas un choc.
C’est un point d’hésitation.
Un endroit où la parole ralentit.
J’écris pour habiter ces seuils.
Non pour provoquer,
mais pour ne pas contourner.
JOIE — Le signe, jamais l’objectif ✨
La joie n’est pas un but.
Elle apparaît
quand la parole n’a plus à se justifier.
Elle laisse plus d’espace
qu’elle n’en prend.
FIDÉLITÉ — Le centre 🪶
Être fidèle,
ce n’est pas s’accrocher à une image de soi.
C’est ne pas détourner le regard
quand quelque chose de vrai se présente.
Même si cela ralentit.
Même si cela isole.
C’est le centre de mon travail.
Boussole (à garder en chemin) 🧭
Avant d’écrire :
— Qu’est-ce que ce texte protège de mon désir ?
En écrivant :
— Où est le seuil que je pourrais contourner ?
En relisant :
— Est-ce que cette parole ouvre ou resserre ?
Après coup :
— Serais-je encore d’accord avec ce texte
s’il n’était lu par personne ?
En guise de sortie 🌬️
Je n’écris pas pour être entendu.
J’écris pour ne pas me détourner
quand le vivant parle.
Parfois,
cela s’appelle désir.
Parfois seuil.
Parfois joie.
Toujours fidélité.
🪶 — Zéphyr Avenel
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