LE DESSOUS

Les Récits Vivants · Carte fondatrice 001

LE DESSOUS

Voir ce qui agit sous ce qui se raconte.

Une méthode de cartographie narrative pour explorer les histoires, les forces, les frontières et les relations invisibles qui façonnent nos situations personnelles, familiales, institutionnelles et collectives.

Nous vivons entourés de récits.

Des récits personnels, qui disent qui nous sommes. Des récits familiaux, qui distribuent parfois silencieusement les places et les rôles. Des récits professionnels, qui définissent ce que signifie réussir, être compétent, loyal ou légitime.

Il existe aussi des récits institutionnels, qui organisent les responsabilités, les normes et les rapports de pouvoir, et des récits politiques, qui racontent ce qu'est une société, ce qu'elle devrait devenir, ce qu'elle doit protéger et ce qu'elle redoute de perdre.

Nous entendons ces récits chaque jour. Mais nous voyons rarement tout ce qui agit sous eux.

Le Dessous — Carte 001, cartographie des couches invisibles qui agissent sous les récits
Carte 001 — Le Dessous : la matrice. Voir ce qui apparaît, explorer ce qui agit dessous et rechercher ce qui peut redevenir possible.

C'est de cette intuition qu'est née cette carte : Le Dessous — Voir ce qui agit sous ce qui se raconte.

Lorsqu'une situation nous paraît incompréhensible, conflictuelle ou bloquée, ce que nous observons à la surface n'en constitue souvent qu'une partie.

Comprendre demande alors de descendre dans les couches du récit.

Ce qui apparaît n'est pas nécessairement faux. Mais ce qui apparaît est rarement suffisant pour comprendre ce qui arrive.

Il ne s'agit pas de découvrir une vérité secrète. Il s'agit de retrouver les relations qui rendent la situation intelligible.

Une situation · plusieurs couches
1
Le dessus Ce qui apparaît.
2
L'histoire Ce qui précède.
3
Les forces Ce qui agit.
4
Les frontières Ce qui sépare, protège ou enferme.
5
Les récits Ce qui donne sens et parfois s'affronte.
6
Les récits empêchés Ce qui ne peut être dit, entendu ou reconnu.
7
Le passage Ce qui peut remettre la situation en mouvement.
1

Le dessus Observer avant d'interpréter

La première couche est paradoxalement celle qui ne se trouve pas dessous. C'est ce que nous pouvons observer.

Que s'est-il passé ? Quelles paroles ont réellement été prononcées ? Quelles décisions ont été prises ? Quels comportements sont observables ? Qui est présent ? Qui est absent ?

Cette première étape paraît évidente, mais elle est essentielle, car nous confondons facilement les faits et leur interprétation.

« Il n'a pas répondu à mon message » décrit un événement. « Il me méprise » constitue déjà une interprétation. Les deux peuvent être liés. Mais ils ne sont pas identiques.

Questions du cartographe

Que puis-je réellement observer ?

Qu'est-ce qui relève déjà de mon interprétation ?

Quelles informations me manquent ?

2

L'histoire Ce qui précède continue parfois d'agir

Aucune situation humaine ne commence exactement au moment où nous la regardons.

Les relations possèdent une mémoire. Les familles possèdent une mémoire. Les organisations possèdent une mémoire. Les sociétés possèdent une mémoire.

Une parole apparemment anodine peut prendre une importance considérable parce qu'elle réveille quelque chose qui la précède. Une décision institutionnelle peut provoquer une réaction incompréhensible si nous ignorons plusieurs décennies d'histoire.

Descendre dans le dessous signifie donc demander : qu'est-ce qui précède ce que nous voyons ?

Non pour devenir prisonnier du passé, mais parce que ce qui n'est plus présent peut continuer à organiser le présent.

3

Les forces et les acteurs Ce qui met la situation en mouvement

Une situation n'est jamais seulement constituée d'idées. Des personnes et des groupes y agissent.

Ils possèdent des ressources différentes, des responsabilités différentes, des vulnérabilités différentes et des intérêts parfois convergents, parfois contradictoires.

Certains disposent du pouvoir de décider. D'autres du pouvoir de raconter. D'autres encore possèdent très peu de possibilités de faire entendre leur expérience.

Questions du cartographe

Qui peut agir ?

Qui peut définir ce qui est considéré comme légitime ?

Qui dépend de qui ?

Que cherche chacun à préserver ?

4

Les frontières Ce qui protège peut aussi enfermer

Toute relation possède des frontières. Elles sont nécessaires.

Une personne a besoin de limites. Une famille construit un dedans et un dehors. Une institution définit des règles. Une société établit des appartenances. Un État possède des frontières.

Mais une frontière peut avoir plusieurs fonctions. Elle peut protéger, distinguer et permettre la coexistence. Elle peut également exclure, enfermer ou empêcher la circulation.

La question n'est pas : « les frontières sont-elles bonnes ou mauvaises ? » mais : « que produit cette frontière dans cette situation précise ? »

Nous retrouvons ici une intuition centrale des Récits Vivants : certaines tensions ne demandent pas nécessairement à être supprimées. Elles demandent parfois à être rendues habitables.

5

Les récits concurrents Le même événement, plusieurs histoires

Deux personnes peuvent avoir assisté au même événement et pourtant ne pas raconter la même histoire.

Deux groupes peuvent observer les mêmes chiffres et leur donner des significations opposées. Deux générations peuvent regarder la même institution et ne pas y reconnaître les mêmes valeurs.

Un récit ne contient pas seulement des faits. Il organise les faits.

Il décide implicitement de ce qui est important. Il désigne les causes. Il distribue les responsabilités. Il identifie parfois les victimes, les héros et les adversaires. Il propose une continuité entre le passé, le présent et l'avenir.

Dans un conflit durable, il peut donc arriver que les acteurs ne se disputent plus seulement sur ce qui doit être fait. Ils ne vivent déjà plus dans la même histoire de ce qui est arrivé.

Cartographier plusieurs récits ne signifie pas les considérer comme également vrais ou également justes. Comprendre n'est pas excuser.
6

Les récits empêchés Ce qui ne peut pas être raconté agit encore

Certaines histoires occupent tout l'espace. D'autres n'arrivent jamais jusqu'à nous.

Parce qu'une personne n'ose pas parler. Parce qu'une institution ne possède pas les catégories permettant d'entendre son expérience. Parce qu'une famille protège un équilibre ancien. Parce qu'un groupe dispose de moins de pouvoir.

Le récit empêché n'est donc pas nécessairement un secret consciemment dissimulé.

Il peut être quelque chose pour lequel aucun espace d'écoute n'existe encore.

Questions du cartographe

Qu'est-ce qui ne peut pas être dit ici ?

Quelles voix sont absentes ?

Quels tabous, peurs ou rapports de pouvoir empêchent la parole ?

Qu'arriverait-il si cette parole devenait audible ?

Cette couche demande une grande prudence. Il ne s'agit jamais d'inventer les paroles absentes. Il s'agit précisément de reconnaître leur absence.

7

Le passage Descendre pour pouvoir remonter autrement

Pourquoi explorer toutes ces couches ?

Certainement pas pour devenir capable d'expliquer indéfiniment pourquoi rien ne peut changer.

Une cartographie qui ne produirait que davantage de déterminisme manquerait son objectif.

Nous descendons dans le dessous pour chercher les passages.

Un passage peut être minuscule : une parole enfin formulée, une frontière devenue légèrement plus souple, une règle institutionnelle modifiée, une reconnaissance, un changement de position ou une nouvelle manière de raconter l'histoire commune.

Il peut également être la possibilité d'accepter qu'un désaccord demeure sans transformer l'autre en ennemi.

Et parfois, reconnaître qu'une relation ne peut pas être réparée pour le moment constitue déjà un passage : une distance peut elle-même devenir une frontière nécessaire.

Le passage n'est pas nécessairement la réconciliation. C'est ce qui remet du possible là où le récit semblait entièrement fermé.

Une méthode qui change avec l'échelle De l'intime au monde commun

L'un des intérêts du Dessous est qu'il peut être utilisé à différentes échelles.

Individu

Expériences, attentes, limites, identités et récits construits sur soi-même.

Famille

Rôles, loyautés, héritages, frontières, non-dits et places attribuées.

Organisation

Fonctions, règles, intérêts, hiérarchies, pouvoir et culture institutionnelle.

Société

Identités collectives, institutions, représentations, inégalités et mémoire.

Politique

Récits concurrents, légitimité, intérêts, institutions et visions du monde.

Géopolitique

Territoires, ressources, histoire, alliances, puissance, droit et imaginaires collectifs.

Précaution essentielle

Une famille n'est pas un État.
Une institution n'est pas une personne.
Une nation n'a pas une psychologie individuelle.

Changer d'échelle exige donc de changer les outils sans abandonner la question fondamentale : quelles relations rendent ce que nous voyons compréhensible ?

L'attitude du cartographe

Celui qui dessine une carte n'est jamais entièrement extérieur au monde qu'il cartographie.

Nous sélectionnons. Nous interprétons. Nous possédons nos propres expériences, nos catégories et nos angles morts.

Humilité Écoute Suspension du jugement Recherche de sens Mise en perspective Ouverture au vivant

Il faut donc ajouter une question à toutes les autres :

Depuis quelle position suis-je en train de regarder cette situation ?

Le cartographe n'est pas celui qui possède la vérité cachée. Il est celui qui tente de rendre visibles davantage de relations, tout en sachant que sa carte restera incomplète.

Le Dessous n'est pas une vérité cachée De la révélation à la relation

Le mot dessous pourrait évoquer le secret, la révélation ou l'idée qu'une explication dissimulée commanderait tout ce qui arrive.

C'est exactement l'inverse de la démarche proposée ici.

Plus nous descendons dans les couches, plus nous découvrons généralement de la complexité, et non une cause unique.

Un conflit familial n'a pas nécessairement une origine unique. Une institution ne fonctionne pas selon une intention unique. Une société n'est pas commandée par une seule force. Un événement politique ne possède pas une explication suffisante à elle seule.

Principe du Dessous

Le Dessous cherche moins ce qui est caché que ce qui est relié.

De la carte au monde commun Comprendre pour mieux agir

Il reste finalement une dernière question : pourquoi vouloir mieux comprendre ?

Pour avoir raison ? Pour mieux argumenter ? Pour devenir capable d'expliquer les autres ?

Ce serait insuffisant.

La boussole représentée au bas de la carte indique un autre cap : contribuer à des relations plus justes, plus vivantes et à un monde commun plus habitable.

Comprendre devient alors une responsabilité.

Voir les forces. Reconnaître les frontières. Entendre les récits concurrents. Chercher les paroles empêchées. Identifier les passages.

Et seulement ensuite se demander : que pouvons-nous faire de ce que nous avons compris ?

Une première carte, et non une conclusion

Cette Carte 001 — Le Dessous : la matrice ne décrit pas encore une situation particulière. Elle propose une méthode permettant d'en explorer beaucoup d'autres.

Mais une matrice n'acquiert véritablement son sens que lorsqu'elle permet de descendre plus profondément dans l'une de ses couches.

Parmi celles-ci, une question mérite une attention particulière : celle des récits concurrents et des récits empêchés.

Que se passe-t-il lorsque plusieurs personnes vivent le même événement, mais n'en construisent pas la même histoire ?

C'est précisément le territoire exploré par la deuxième carte.

2

Le Dessous des récits Comment une version du réel devient dominante

Nous pourrions croire qu'un événement produit naturellement une histoire permettant de le raconter.

L'expérience humaine est beaucoup plus complexe.

Un même événement peut être vécu depuis plusieurs positions. Chacun le perçoit avec son histoire, ses attentes, ses émotions, ses informations et la place qu'il occupe dans la relation.

De ces expériences naissent des interprétations. De ces interprétations naissent des récits.

Et ces récits ne restent pas enfermés dans la conscience de ceux qui les portent.

Ils circulent.

Ils sont racontés à des proches, transmis dans une famille, partagés entre collègues, repris par un groupe, reformulés, simplifiés, parfois amplifiés.

Peu à peu, une histoire individuelle peut ainsi devenir une représentation collective de ce qui s'est passé.

L'enjeu n'est plus seulement de savoir ce qui s'est produit, mais de comprendre comment une certaine version de ce qui s'est produit acquiert progressivement davantage de poids que les autres.
Le Dessous des récits — Carte 002, comment une version du réel devient dominante
Carte 002 — Le Dessous des récits. De l'événement aux expériences subjectives, des récits concurrents à leur circulation, jusqu'à l'apparition éventuelle d'un récit dominant.
1

Un événement ne produit pas automatiquement un récit unique Du réel vécu au réel raconté

La Carte 002 commence volontairement par l'événement.

Quelque chose arrive.

Une parole est prononcée. Une décision est prise. Une relation se transforme. Un conflit éclate. Une séparation survient. Une institution agit.

Pourtant, dès l'étape suivante, l'unité apparente de l'événement disparaît.

Car personne ne vit exactement une situation depuis le même endroit.

Deux personnes peuvent avoir assisté à la même scène sans en avoir éprouvé la même signification.

Ce constat n'implique pas que les faits deviennent arbitraires.

Il signifie simplement qu'entre ce qui arrive et ce qui sera raconté, se trouve une étape essentielle : l'expérience subjective.

Première distinction

Qu'est-ce qui s'est produit ?

Comment chacun l'a-t-il vécu ?

Quelle signification chacun lui a-t-il donnée ?

2

De l'expérience au récit Raconter, c'est déjà organiser

Lorsque nous racontons une expérience, nous ne reproduisons pas mécaniquement le réel.

Nous sélectionnons certains éléments. Nous établissons des liens. Nous proposons des causes. Nous donnons une importance particulière à certaines paroles plutôt qu'à d'autres.

Cette opération est normale. Elle est même indispensable.

Sans elle, nous disposerions d'une accumulation d'événements sans parvenir à leur donner sens.

Mais elle signifie qu'un récit constitue toujours une mise en forme de l'expérience.

C'est pourquoi deux récits peuvent diverger sans qu'il soit nécessaire de supposer immédiatement que l'un d'eux a été consciemment fabriqué.

La mémoire sélectionne. Les émotions donnent du relief. Les croyances orientent l'attention. Le besoin de cohérence relie les événements.

Un récit n'est pas seulement ce que nous savons du réel. C'est la forme par laquelle nous essayons de rendre ce réel intelligible.
3

Lorsque les récits commencent à circuler Une histoire devient relationnelle

Le changement décisif intervient lorsque le récit quitte celui qui le porte.

Il est raconté à quelqu'un.

Puis éventuellement raconté à nouveau.

À chaque transmission, certains éléments peuvent être conservés, d'autres simplifiés, d'autres oubliés, d'autres encore interprétés.

Le récit entre alors dans un réseau de relations.

Et ces relations ne sont jamais neutres.

Elles comportent des histoires communes, de la confiance, des affinités, des dépendances, des fidélités, parfois des conflits anciens.

C'est ici qu'apparaissent les alliances et les loyautés.

Nous accordons spontanément davantage de crédit à certaines personnes. Nous interprétons certaines paroles à travers ce que nous croyons déjà savoir.

Un récit peut donc acquérir progressivement une force qui ne dépend plus seulement de son contenu, mais aussi du réseau relationnel qui le porte.

4

L'asymétrie narrative Quand un récit arrive avant l'autre

Il existe alors une situation particulièrement importante.

Imaginons deux personnes, A et B, impliquées dans le même événement.

A construit un récit. B construit également le sien.

Mais B raconte son expérience à plusieurs personnes avant que A ne puisse raconter la sienne.

Lorsque A parle enfin, son interlocuteur ne découvre donc plus une situation inconnue.

Il possède déjà une représentation de ce qui s'est passé.

Le second récit entendu peut alors rencontrer un espace déjà occupé par le premier.

C'est ce que nous pouvons appeler ici une asymétrie narrative.

Elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer qui a raison.

Mais elle modifie profondément les conditions dans lesquelles les différentes paroles seront reçues.

Questions du cartographe

Quel récit a circulé en premier ?

Auprès de qui ?

Quelles relations existaient déjà ?

Quelles interprétations étaient installées avant que l'autre récit arrive ?

5

Quand un récit devient dominant De l'histoire individuelle à la représentation collective

À force de circuler, un récit peut progressivement devenir la manière habituelle dont un groupe comprend une situation.

Il devient une sorte de raccourci collectif :

« Voilà ce qui s'est passé. »

À ce stade, le récit n'est plus seulement celui d'une personne.

Il devient un cadre d'interprétation.

Les nouvelles informations peuvent alors être évaluées à travers lui.

Ce phénomène peut être renforcé par différents mécanismes : répétition, biais de confirmation, mémoire sélective, loyautés relationnelles, demi-vérités, omissions ou besoin collectif de disposer d'une histoire cohérente.

Dans certaines situations, des mécanismes plus problématiques peuvent également intervenir : triangulation, inversion des rôles, amplification ou volonté de contrôler le récit.

Mais une précaution demeure essentielle :

Principe de prudence

L'existence d'un récit dominant ne prouve pas l'existence d'une manipulation organisée.

La cartographie sert précisément à observer les mécanismes avant d'attribuer des intentions.

6

Vécu, formulé, entendu, reconnu Les quatre seuils d'un récit

La Carte 002 introduit une distinction particulièrement importante.

Nous avons tendance à penser qu'une expérience devient partageable dès qu'elle est racontée.

Mais plusieurs seuils existent.

Les quatre niveaux d'un récit
1
Vécu Ce que j'ai effectivement expérimenté.
2
Formulé Ce que je parviens à mettre en mots.
3
Entendu Ce que les autres reçoivent de ma parole.
4
Reconnu Ce qui obtient véritablement une place dans la compréhension commune.

Ces quatre niveaux ne coïncident pas nécessairement.

Une personne peut vivre quelque chose sans parvenir immédiatement à le formuler.

Elle peut parvenir à le dire sans être réellement entendue.

Elle peut même être entendue matériellement sans que son expérience obtienne une véritable reconnaissance.

7

Une autre manière de comprendre le récit empêché Parler ne suffit pas toujours à devenir audible

Cette distinction permet d'aller plus loin que la Carte 001.

Un récit empêché n'est pas nécessairement un récit interdit.

Personne n'a forcément empêché celui qui le porte de parler.

Le récit peut avoir été formulé. Il peut même avoir été entendu.

Et pourtant, il peut rester sans véritable espace de reconnaissance.

Un récit peut être présent dans la conversation et pourtant absent de la représentation collective de ce qui s'est passé.

Le problème n'est donc plus seulement :

« Qui peut parler ? »

Il devient également :

« Dans quelles conditions une parole peut-elle devenir audible, pensable et reconnue ? »

Retrouver son récit sans chercher à contrôler celui des autres

Lorsque plusieurs récits sont devenus incompatibles, une tentation apparaît facilement : convaincre tout le monde que notre propre version est la bonne.

Mais cette bataille peut devenir interminable.

La Carte 002 propose une autre direction.

Revenir aux faits vérifiables Écrire et structurer son récit Distinguer faits et interprétations S'entourer de témoins fiables Poser des limites Prendre soin de soi Choisir ses espaces de parole

Retrouver son récit ne signifie donc pas obtenir que chacun l'adopte.

Cela signifie retrouver suffisamment de continuité entre ce que nous avons vécu, ce que nous pouvons en dire et la manière dont nous choisissons désormais d'agir.

La liberté narrative ne consiste pas à contrôler le récit des autres. Elle consiste aussi à ne plus dépendre entièrement de leur récit pour savoir ce que nous avons vécu.

Deux cartes, une même exploration De la surface à la circulation des récits

Les deux cartes peuvent maintenant être lues ensemble.

Carte 001 · Le Dessous

Elle fournit la matrice générale : observer la surface, retrouver l'histoire, identifier les forces, les frontières, les récits, les paroles empêchées et rechercher les passages.

Carte 002 · Le Dessous des récits

Elle descend dans une couche particulière : la naissance des récits concurrents, leur circulation, les alliances qui les portent, leur éventuelle domination et leurs effets sur les relations.

La seconde carte n'annule donc pas la première.

Elle entre à l'intérieur d'elle.

C'est peut-être ainsi qu'une véritable cartographie des Récits Vivants peut progressivement se construire : une carte-matrice, puis des cartes d'approfondissement permettant d'explorer chacune des couches qui composent nos mondes relationnels.

Comprendre ce qui se joue sous ce qui se raconte

Derrière une histoire, il n'y a pas seulement des mots.

Il y a des événements, des expériences, des interprétations, des relations, des mémoires, des frontières, des loyautés, des silences et des possibilités.

Cartographier le dessous ne consiste donc pas à découvrir une vérité secrète qui expliquerait tout.

C'est apprendre à voir davantage de relations à la fois.

Quel événement a eu lieu ?
Quels récits en sont nés ?
Comment ont-ils circulé ?
Qu'est-ce qui est devenu audible ?
Qu'est-ce qui ne l'est pas encore ?
Et quel passage reste possible ?

Peut-être est-ce là l'une des fonctions les plus importantes d'une cartographie narrative : non pas décider à notre place quelle histoire nous devons croire, mais nous rendre capables de voir comment les histoires deviennent des mondes que nous habitons.

Comprendre en profondeur.
Relier avec justesse.
Agir avec sagesse.
Zéphyr Avenel Les Récits Vivants · Explorer le monde autrement

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